11.04.2007
Eric Toulis – La java du caniveau
Voici l’histoire bien ordinaire
Qui m’est arrivée cet hiver.
Cette histoire, c’est un peu la vôtre
Car elle n’arrive pas qu’aux autres.
Un jour, le grand patron m’a dit :
« Vous passerez m’voir à mon bureau,
Monsieur Machin. On vous r’mercie ! »
Et j’ai jamais retrouvé d’boulot.
Une compression de personnel
Fut mon dernier cadeau de Noël.
Alors tout s’est accéléré :
Mon existence a basculé.
Depuis j’habite rue de Null’Part,
Comm’ ça, ça m’est tombé dessus.
Certains choisissent d’être clochard,
Moi j’ai pas choisi d’être à la rue.
Refrain :
Ça s’est passé en moins d’six mois,
Avant je vivais comme toi.
Maintenant je dors dans un caniveau
Avec mes sacs et mon manteau.
Les règles du grand capital
M’ont tout volé, mêm’ le vital.
Le nécessaire avant l’envie :
Ma vie est devenue la survie.
Ma maison, c’est un carton
D’emballage Ikea.
C’est là que j’bossais comme un con,
Avant qu’ils aient plus besoin d’moi.
« J’ai faim » marqué sur un panneau,
Je fais l’mendiant dans le métro.
Ça fait bizarre, je vous assure,
D’plus voir les gens, mais leurs chaussures.
Et croyez pas que ça m’amuse
De devoir faire le p’tit numéro
Du « Messieurs-dames, je m’excuse,
Une pièce ou un ticket-resto. »
Refrain
Les grandes vacances toute l’année
Et les joies du camping forcé,
Je vous l’souhaite pas mais méfiez-vous,
Un jour, ça tombera pt’êt’ sur vous.
Peut-êt’ qu’un jour, ce sera vot’ tour
D’aller crever aux pieds des tours,
L’œil ébloui par la lumière
Des grands fabricants de misère.
Les belles multinationales
Qui font des pauvres et des maudits,
Des millions d’gens qui crèvent la dalle
Pour la cinglerie du profit.
Et quand arrivera l’euro,
Vous n’en verrez pas la couleur.
Ce seront les mêmes qu’en auront d’trop :
« Messieurs, mesdames. A vot’ bon cœur ! »
Refrain
Alors vous vivrez l’aventure
Que vivent les nouveaux clodos,
Car dans la rue, la vie est dure.
La rue, ça fait pas de cadeaux.
Assis sur le banc de touche,
Non, vous n’aurez pas le choix :
On vous mènera d’force à la douche,
Et que vous soyez sale ou pas !
Pour conserver bonne apparence,
Vous vous raserez tous les matins.
Mais les jours de grande affamance,
Vous volerez les grands magasins.
A un feu rouge, pour dix francs,
A des gens tous indifférents,
Vous serez vendeur du « Lampadaire »,
L’hebdomadaire de la galère.
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21.03.2007
Eric Toulis – La lucarne à blaireaux

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A quoi bon marcher dans les rues
Faire la causette à d’autres gens
Rencontrer des tas d’inconnus
Ou lire des livres intelligents
A quoi bon claquer des fortunes
A voir des beaux films au cinoche
Dans moins d’un an pour pas une thune
T’auras les mêmes à la téloche
Y’en a qui font l’tour d’la planète
Qui s’en vont voir du pays
Nous on voyage à coups d’zapette
On a l’ bout du monde au bout du lit
Y’en a qui sont de fins baiseurs
Des qui s’régalent le prépuce
Nous l’sam’di soir sans décodeur
On a l’porno sur Canal Plus.
Car c’est nous les lobotomisés
Barjos de la télé
Accrocs d’la lucarne à blaireaux
Qui ratatine le cerveau
Elle nous dévore les cellules
Nous décervelle et nous enc…
Elle nous vend de la merde à gogo
C’est la lucarne à blaireaux
Y’en a pour savoir qu’est-ce qui s’passe
Qui vont s’acheter des journal
Alors qu’y a le Pujadas
Le PPD et la Chazal
Qui nous font voir de belles images
Et tous les soirs nous bourrent le mou
En nous montrant de beaux carnages
Qui se passent loin de chez nous
Et pis grâce à Beauf académy
Qui leur matraque l’encéphale
Plus besoin d’emmener nos petits
Jouer au jardin municipal
Génération télécommande
Repus de pub et de Mc Do
Ces petits cons en redemandent
C’est la relève des blaireaux
Les futurs lobotomisés
Barjos de la télé
Accrocs d’la lucarne à blaireaux
Qui ratatine le cerveau
Elle leur dévore les cellules
Les décervelle et les enc….
Elle leur vend de la merde à gogo
C’est la lucarne à blaireaux
C’est pareil sur toutes les chaînes
La grande foire aux m’as-tu vu
Du vulgaire et de l’obscène
De la lessive du Delarue
Même plus le temps d’aller pisser
Tant ça vous racole à domicile
Il vous suffit de l’allumer
Pour devenir un imbécile
Et regarder la réclame
La météo le temps qu’il a fait
Et c’est comme avec toutes les cames
A force ça fait son effet
Y’a quinze téloches à la maison
Même dans les chiottes et la cuisine
Et l’été comme y’a pas d’raison
On s’en emporte une au camping
Car c’est nous les lobotomisés
Barjos de la télé
Accrocs d’la lucarne à blaireaux
Qui ratatine le cerveau
Elle nous dévore les cellules
Nous décervelle et nous enc…
Elle nous vend de la merde à gogo
C’est la lucarne à blaireaux
En tous cas avec cette chanson
On m’y verra pas de si tôt
09:45 Publié dans Les oreilles qui traînent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : toulis, sac, sac a fouilles |
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