06.01.2011

Histoire de la merde.

 

Dominique Laporte 1978 ,
Christian Bourgois éditeur,
couverture de Roland Topor

merde.jpgCet inopportun « reste de terre », disait Freud, citant Goethe… Par un paradoxe qu’elle partage avec le sexe, la merde s’entoure d’un silence qu’on méconnaît si on le mesure à l’aune des discours qu’elle suscite. Qui croirait en effet que sur cet objet d'opprobre les hommes se soient inlassablement montrés bavards, au point qu'il ne fut absent, ni de leurs divinités primitives, ni des croyances qui les animeraient encore lorsqu’ils auraient cru tuer en eux le barbare ?


     Qui croirait par exemple que pour une banale histoire d’excréments la sainte église catholique ait frôlé le schisme ? Mais gare à la dérision : l’obscène ne gît pas là où on croit, lorsque la merde est aussi cet objet dont le maître monnaie l’amour de ses sujets.

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