17.09.2009

Linda Lemay – Le plus fort c'est mon père

 

 


Comment t'as fait maman
Pour savoir que papa
Beau temps et mauvais temps
Il ne partirait pas
Est-ce que t'en était sûre
Ou si tu savait pas
Est-ce que les déchirures, ca se prévoit
Comment t'as fait, maman
Pour trouver le bon gars
Tu l'as connu comment
Tu l'as aimé pourquoi
Est-ce qu'y en avait juste un
Dans tout le présent siècle
Et y s'trouve que c'est toi qui dors avec

Comment t'as pu trouver
Un homme qui n'as pas peur
Qui promet sans trembler
Qui aime de tout son cœur
J'le disait y'a longtemps
Mais pas d'la même manière
T'as d'la chance, maman
Le plus fort c'est mon père

Comment ça s'fait maman
Que dans ma vie à moi
Avec autant d'amants
Avec autant de choix
Je n'ai pas encore trouvé Un homme comme lui
Capable d'être ami, père et mari

Comment t'as fait maman
Pour lui ouvrir tout cœur
Sans qu'il parte en courant
Avec c'que t'as d'meilleur
Est-ce qu'y a des mots magiques
Que t'as dit sans t'rendre compte
Explique-moi donc c'qu'y faudrait que j'raconte

Quand j'ai l'air d'les aimer
Les hommes changent de regard
Si j'ose m'attacher
Y'se mettent à m'en vouloir
Si je parle d'avenir
Y sont déjà loin derrière
J'avais raison d'le dire
Le plus fort c'est mon père

Vas-tu m'dire maman
Comment t'as pu savoir
Dès le commencement
Qu'c'étaient pas un trouillard
Qu'il allait pas s'enfuir
Et qu'il allait tout faire
Pour que je puisse dire
Le plus fort c'est mon père

Quel effet ça t'a fait
Quand tu l'as rencontré
Est-ce que ça paraissait
Qu'il allait tant t'aimer
Les hommes bien souvent
Paraissent extraordinaires
Mais dis-toi bien maman
Qu'le plus fort... c'est mon père

12.02.2008

Le plus fort, c'est mon père.


Linda Lemay

 

30.04.2007

Linda Lemay – Une mère


 

Une mère,
Ça travaille à temps plein,
Ça dort un œil ouvert,
C’est d’garde comme un chien,
Ça court au moindre petit bruit,
Ça s’lève au petit jour,
Ça fait des petites nuits.
C’est vrai,
Ça crève de fatigue,
Ça danse à tout jamais une éternelle gigue,
Ça reste auprès de sa couvée,
Au prix de sa jeunesse,
Au prix de sa beauté.

Une mère,
Ça fait ce que ça peut,
Ça ne peut pas tout faire,
Mais ça fait de son mieux.

Une mère,
Ça calme des chamailles,
Ça peigne d’autres cheveux que sa propre broussaille.

Une mère,
C’est plus comme les autres filles,
Ça oublie d’être fière,
Ça vit pour sa famille,

Une mère,
Ça s’confie nos bercails,
C’est pris comme un noyau dans l’fruit de ses entrailles

Une mère,
C’est là qu’ça nous protège,
Avec les yeux pleins d’eau,
Les cheveux pleins de neige

Une mère,
A un moment, ça s’courbe,
Ça grince quand ça s’penche,
Ça n’en peut plus d’être lourde,
Ça tombe, ça se brise une hanche,
Puis rapidement, ça sombre,
C’est son dernier dimanche,
Ça pleure et ça fond à vue d’oeil
Ça atteint la maigreur des plus petits cercueils,
Ô bien sûr, ça veut revoir ensemble
Toute sa progéniture entassée dans sa chambre,
Et ça fait semblant d’être encore forte,
Jusqu’à c’que son cadet ait bien r’fermé la porte.

Et lorsque, toute seule ça se retrouve,
Ça attend dignement qu’le firmament s’entrouvre,
Et puis là, ça se donne le droit,
De fermer pour la première fois,
Les deux yeux à la fois.

Une mère,
Ca n’devrait pas partir,
Mais on n’y peut rien faire,
Mais on n’y peut rien dire.