06.09.2009

Le dimanche ça me branche


La sorcière et le voyeur


     Le tableau ci-après peint aux alentours de 1470 est signé par le "Niederrheinischer Meister" ou maître du Bas-Rhin (son nom reste inconnu) est traditionnellement intitulé "Liebeszauber", ce que peut traduire par "l'amour magique" ou, plus vraisemblablement," Magie de l'amour."

 

     Il est exposé au Musée des beaux-arts de Leipzig. "Liebeszauber" est, semble t'il, la première peinture qui représente de façon clairement érotique une jeune et séduisante sorcière.

 

Liebeszauber---01

 


      Au centre de ce tableau, la sorcière jeune et belle, blonde, aux seins menus, prépare un charme d'amour. Elle arrose d'un liquide mystérieux un cœur déposé dans un coffre à côté d'elle.

     Elle se tient modestement, mais derrière elle, un voyeur l'observe. Aucun obstacle ne l'empêche de la contempler. Mais, mieux placé que lui, notre point de vue est encore plus chargé d'érotisme que le sien.

     Un voile transparent drapé sur le bras droit de la sorcière, traverse sa région pubienne et s'accroche à sa jambe gauche, ce qui accroît son caractère sexy sans cacher sa nudité.

     Attardons-nous un instant sur les sandales de la belle. Elles sont à la fois symbole de libération et d'agression sexuelle. En effet, au XIVe et XVe siècles ces chaussures appelées "poulaines" s'utilisaient pour embarrasser ou exciter les membres du sexe opposé en aiguillonnant leurs parties intimes sous les tables dans les lieux publics.


liebeszauber---4

     Avant la fin du XIXe siècle les femmes portaient rarement des sous-vêtements. La réponse masculine via l'orteil en forme phallique pouvait donc aisément se faire à l'abri des longues jupes.

Liebeszauber---02

  
En résumé nous avons sous les yeux une jeune sorcière nue, sexuellement libérée, qui prépare un philtre d'amour, et qui est observée tant derrière que devant. L'intention érotique de l'artiste pouvait-elle s'exprimer plus clairement ?

Liebeszauber---03