13.09.2009
Le dimanche ça me branche...

La patience de Georges Braque, 1942.
Certes, cette œuvre est indissociable de l'époque de sa création. Aussi le sujet de la toile -cette femme qui attend- est une allégorie de la France sous l'Occupation, celle qui s'ennuie, celle qui broie du noir, celle qui attend, aussi.
Mais comment ne pas y voir également une de plus belles représentations de la solitude et de la mélancolie? Cartes à jouer, damier, bouteille de Xérès, tous les divertissements -artificiels- sont là pour tromper l'ennui.
Tous? Pas vraiment. Un grand absent hante le tableau. Et cet absent c'est l'homme, ou tout au moins, une présence, un être vivant. Son mari est-il mort, est-il prisonnier? Qu'importe au fond. Car qu'on le veuille ou non, cette femme qui attend, cela pourrait être vous comme cela pourrait être moi.
L'univers étouffant de cet intérieur nous renvoie d'ailleurs à l'introspection, la méditation, la rêverie. Cette femme réussira-t-elle à s'échapper de la désolation qui se lit dans son regard perdu? Va-t-elle devenir ce spectre dont la main droite se concentre sur le jeu?
Et pourtant, tout n'est peut-être pas si noir dans ce tableau. Selon notre humeur et notre caractère, l'on peut penser que, malgré tout, le temps va faire son œuvre.
Et s'il s'agissait tout simplement de prendre son mal en patience?
09:00 Publié dans ...et tant d'art ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : georges braque, sac a fouilles, 1942, la patience, tableau, peintre, sac |
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