26.01.2011

Les deux chèvres

 


...version Pierre Perret...

Une brouteuse un peu tête de lard
Qui avait un p'tit creux dans l'bidon
Voulait bouffer des épinards
De l'autre côté d'un p'tit pont.
Une deuxième escaladeuse
Radinant du bord opposé
L'air tout aussi enquiquineuse
Se mit dans l'chou de traverser.
Pif à pif les deux têtes de mule
Veulent pas bouger un seul peton...
La première dit : - Circule Ursule
Sinon j'te gicle en bas du pont !...
De la place y en avait pas lerche
Pour une sans doute, mais pas deux ;
La deuxième s'assoit sur son derche
Et dit : - Va donc t'faire cuire deux oeufs.
L'autre alors se fout en renaud
Et en voulant chabler dans l'tas
Perd l'équilibre et peut s'en faut,
Que la teigneuse décarre en bas.
Mais en bas le loup est venu
Qui se pourlèche les babouines ;
Un deuxième aussi lorgne au d'ssus
Et chauffe le four de sa cuisine.
On devine que des deux apôtres
Nul ne cèdera sa place à l'autre...

Moralité

J'dis qu'à force de céder sa place
La vie devient bien dégueulasse.
.


LesDeuxChevres.jpg


La fable originale est
ici.

 

04.05.2010

Le renard et la cigogne

 

le renard et la cigogne


Un renard généreux, une fois n'est pas coutume,
Invita à becqueter commère la Cigogne.
Un méchant bouillon clair fait de piteux légumes
Fut servi dans un plat sans la moindre vergogne.
Tandis que l'échassier essayait vainement
D'aspirer en ce plat si peu accomodant
Le goupil se goinfrait en lapant goulûment
Il eut tôt fait d'assécher l'écuelle.
Afin de se venger de ce goujat, l'oiselle
Le convia à son tour à un festin de rois :
Du hachis Parmentier suivi d'un bavarois..
Et pourléchant déjà ses babines gourmandes
Le renard remerciait en reniflant la viande.
La cigoge entendant se venger de bon droit
Servit tout le repas au fond d'un vase étroit.
La rusée dégusta au fond de ce long pot
La pâtée que jamais n'atteignait le museau.
Honteux comme un taureau
Qu'a paumé ses deux cornes,
Le renard s'était fait rouler dans le pop-corn.

Moralité: Trompeurs, si vous voulez cette farce éviter
Y'a qu'en brisant le vase que vous pourrez becqueter.

 


La fable originale est en écoute ci-dessous

 

30.04.2010

Le loup, la chèvre et le chevreau

 

le loup la chevre et le chevreau


Une biquette et son p'tit salé
Vivaient dans une crèche super.
Pour regonfler ses pauv' pelotes
De son blanc lolo maternel
Elle sit au mouflet: je déhotte
Remplir les boîtes à camembert ;
Mais fais gaffe n'ouvre pas au loup
Il adore les jolis biquets
S'il se pointe c'est pas compliqué
Exige patte blanche avant tout !
Le loup se dit mon p'tit mignon
Je vais te becqueter sans oignons !
Il s'approche de la casbah
Pendant qu'le cabri joue tout seul
Et cogne à la lourde fissa.
Sans arrêter de s'fend la gueule
Le chevreau dit: Qui c'est qu'est là ?
C'est moi, dit l'autre, c'est Gaston
Je viens vous livrer du charbon !
Mais le moujingue qui s'méfie
Lui écrabouille les salsifis.
Le loup fuit ce lieu diabolique
Pour s'acheter des antibiotiques
Et revient pour prendre sa revanche
Avec une belle paluche toute blanche.
Mais le mouflet, qui n'est pas né d'hier,
Est pas ramolli d'la théière.
Le loup essaie l'coup d'la sonnette
Mais s'en prend encore plein la tête.
Forcément devenu pacifique
Il s'en fut brouter des colchiques.

Moralité: La chèvre est une vraie menace...
Y'a pas qu'au four qu'elle est coriace !


Ecoutez la fable originale ici

 

06.04.2010

Le rat des villes et le rat des champs

 

le rat des villes et le rat des champs


Un beau gaspard des champs qui becquetait des radis
Carottes et betteraves du lundi au sam'di
Vit un beau château fort d'allure hospitalière
Qui devait regorger de pain et de gruyère.
Déjà, de tous ces mets qui l'ont affriadé
Les effluves parviennent à son fer à souder.
Allongeant les compas vers la cité obscure
Il voit le rat des villes son compère citadin
Qui l'invite à croquer un festin d'Épicure.
"Aimez-vous le gruyère, dit-il, sinon, j'ai du boudin"
Le fromgi encagé qui descend du plaftard
N'a pas le temps d'arriver, y'a un os quelque part,
C'est l'alerte qui sonne et son pote qu'a verdi
A déjà planquousé la tortore à l'abri.
Le tumulte s'apaise et nos deux gastronomes
S'apprêtent à briffer enfin le fromtegom,
Mais à peine attablés c'est encore le chambard
Et voilà la bectance qui repart au plaftard.
Le rat des champs enfin trouv' complét'ment idiot
Le fromage en prison qui arrêt' pas son yo-yo
Et fuyant en courant avant d'êt siphonné
Il revient à son champ mastèguer ses navets.

Moralité : (Je dirais malgré tout que:)
Du caviar dans l'métro à l'heure d'affluence
Vaut mieux qu'un p'tit radis mâchouillé dans l'silence.

 


La fable originale est en écoute ci-dessous

 

08.03.2010

Le Corbeau et le Renard

 

le corbeau et le renard


Maître Corbeau sur un chêne mastard
Tenait un from'ton dans le clapoir.
Maître Renard reniflant qu'au balcon
Quelque sombre zonard débouchait les flacons
Lui dit : « Salut Corbac, c'est vous que je cherchais.
À côté du costard que vous portez, mon cher,
La robe du soir du Paon est une serpillière.
De plus, quand vous chantez, il paraîtrait sans charre
Que les merles du coin en ont tous des cauchemars.»
À ces mots le Corbeau plus fier que sa crémière,
Ouvrit grand comme un four son piège à ver de terre.
Et entonnant "Rigoletto" il laissa choir son calendo.
Le Renard le lui pique et dit: «Apprends mon gars
Que si tu ne veux point tomber dans la panade
N'esgourde point celui qui te passe la pommade...»

Moralité: On doit reconnaître en tout cas
Que grâce à Monsieur La Fontaine
Très peu de chanteurs d'opéra
Chantent aujourd'hui la bouche pleine.

 


La fable originale est en écoute ci-dessous