13.06.2008
Raoul Bitembois
10:45 Publié dans Zéro de conduite | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : antoine de caunes, bitembois, nulle part ailleurs, canal plus, sac, sac a fouilles |
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08.10.2006
Le dimanche, ça me branche.
Conseils pratiques : Le vin : sachez le déguster

Le toucher
La dégustation d'un bon vin fait appel à tous les sens. L'ouïe, le goût, la vue, l'odorat et le toucher.
Pour ce qui est du toucher, notez toutefois que cela dépend de l'appréciation personnelle ; nombreux sont les amateurs qui répugnent à tremper la main ou seulement un doigt dans le verre, pour juger si le nectar est servi à bonne température. (On en trouve, dans les centres de rééducation psychomotrice ou chez les moins raffinés des prolétaires, mais c'est rare.) En revanche, lors des dégustations, la parole remplace souvent et - avantageusement - le toucher, la volubilité des dégustateurs étant proportionnelle au volume de liquide ingéré, tandis que la précision du commentaire a, elle, tendance à se dégrader simultanément. (On passe sensiblement de notations purement oenologiques : "Arômes de sous-bois et de viscères de lièvre assez marqués" à des considérations plus directement conviviales : "Il est des nôtres",
"T'as une drôle de descente", etc.) Détaillons les autres sens.
L'ouïe
Ah ! le bruit d'une bouteille qu'on débouche ! Ah ! le bruit du vin qui coule dans le verre ! Ah ! le bruit des mêmes verres qu'on fait tinter en se lançant amicalement : "A la tienne, Etienne !" (Si vous ne vous appelez pas Etienne, faites semblant. Votre hôte pourrait s'en offusquer.)
Je ne sais plus quel poète cirrhosé l'a dit (à moins que ce ne soit Renaud) : "Ce sont là bruits d'instruments s'accordant avant la symphonie".
La vue
Prenons un verre de bordeaux rouge : observons cette belle robe couleur grenat. Maintenant tournez doucement le vin dans le verre. Vous apercevez la jambe. (Ce n'est pas une raison pour aller voir sous le pied du verre, gros salaud ! Vous risquez de tout renverser.) Ces gouttes en forme de larmes qui descendent le long de la paroi présagent de l'onctuosité et du gras dans la bouche. Décidément, c'est un beau bordeaux que voilà (ou alors c'est que vous vous êtes encore fait entuber).
L'odorat
Après vous être mouché (pas dans la robe, faut-il le préciser ?), plongez votre nez dans le verre. Pas trop profondément si vous êtes de confession israélite. Humez-moi ce bouquet. Apprenez à y reconnaître les arômes de framboise, de cassis, de sous-bois, de sulfates et de fongicides Rhône-Poulenc. C'est la terre qui palpite dans vos narines.
Le goût, enfin.
Mettez un peu de vin dans la bouche et laissez entrer un peu d'air pour mieux en libérer les arômes. Alors ? C'est pas dégueu, non ? Faites circuler le liquide circulairement dans votre palais, laissez-le couler doucement dans votre gorge et gargarisez-vous délicatement comme si vous cherchiez à décoller quelques glaires tenaces. Avalez. Répétez l'opération jusqu'à vider la bouteille.
Comme disaient alors nos grands-pères : "Encore une que les Fridolins auront pas". Aujourd'hui, la menace teutonne s'est légèrement estompée, et c'est donc d'un gosier plus insouciant encore que nous pouvons faire honneur à nos cépages.
(Sous la plume de Antoine de Caunes)
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