17.03.2011

Bon sang, mais c'est bien sûr !

 


Tous ces films sont l'adaptation de romans à succès.
Saurez-vous en retrouver les auteurs parmi Patrick Süskind, Margaret Mitchell, Pierre Choderlos de Laclos, Harlan Coben, Amélie Nothomb, Dan Brown, Bernhard Schlink, Anna Gavalda et Lauren Weisberger ?

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Le petit chat noir

 

colette.jpg     J'ai peu vécu de la vie terrestre, où j'étais noir. Noir entièrement, sans tâche blanche au poitrail,   ni étoile blanche au front. Je n'avais même pas ces trois ou quatre poils blancs, qui poussent aux chats noirs dans le creux de la gorge, sous le menton. Robe rase, mate, drue, queue maigre et capricieuse, l'oeil oblique et couleur de verjus, un vrai chat noir.

     Mon plus lointain souvenir remonte à une demeure où je rencontrai, venant à moi du fond d'une salle longue et sombre, un petit Chat blanc; quelque chose d'inexplicable me poussa au-devant de lui, et nous nous arrêtâmes nez à nez. Il fit un saut en arrière, et je fis un saut en arrière en même temps. Si je n'avais pas sauté ce jour-là, peut-être vivrais-je encore dans le monde des couleurs, des sons et des formes tangibles.

     Mais je sautais, et le Chat blanc crut que j'étais son ombre noire. En vain j'entrepris, par la suite, de le convaincre que je possédais une ombre bien à moi. Il voulait que je ne fusse que son ombre, et que j'imitasse sans récompense tous ses gestes. S'il dansait je devais danser, et boire s'il buvait, manger s'il mangeait, chasser son propre gibier. Mais je buvais l'ombre de l'eau, et je mangeais l'ombre de la viande, et je me morfondais à l'affût sous l'ombre de l'oiseau...

     Le Chat blanc n'aimait pas mes yeux verts, qui refusaient d'être l'ombre de ses yeux bleus. Il les maudissait, en les visant de la griffe. Alors je les fermais, et je m'habituais à ne regarder que l'ombre qui règnait derrière mes paupières.

     Mais c'était là une pauvre vie pour un petit Chat noir. Par les nuits de lune je m'échappais et je dansais faiblement devant le mur blanc, pour me repaître de la vue d'une ombre mienne, mince et cornue, à chaque lune plus mince, et encore plus mince, qui semblait fondre..

     C'est ainsi que j'échappai au petit Chat blanc. Mais mon évasion est une image confuse. Grimpai-je le long du rayon de lune ? Me cloîtrai-je à jamais derrière mes paupières verrouillées ? Fus-je appelé par l'un des chats magiques qui émergent du fond des miroirs ? Je ne sais. Mais désormais le Chat blanc croit qu'il a perdu son ombre, la cherche, et longuement l'appelle; Mort, je ne goûte pourtant pas le repos, car je doute. Peu à peu s'éloigne de moi la certitude que je fus un vrai chat, et non pas l'ombre, la moitié nocturne, le noir envers du chat blanc.

Colette "Autres bêtes, Chats."

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08.03.2011

Sous la plume de Guy Duplat

 


Faites pipi sous la douche !

pipi.jpg     Aujourd’hui, on peut tout critiquer : les politiques, les religions, l’art contemporain.

     Tout sauf l’écologie devenue la dernière religion consensuelle, l’ultime dogme. Se tromper de poubelle en jetant ses plastiques est devenu un péché, garder ses vieilles lampes, une horreur, et ne pas acheter bio, un crime contre la Terre.
     Iegor Gran en a eu marre de cette pression bien pensante qui brime toute liberté de pensée et dans laquelle s’engouffrent des politiques tous verts et une économie verte, avec leurs zélotes pressés surtout de vendre leurs produits quatre fois plus chers.


La suite...

05.02.2011

Le samedi ça me dit...

 

    lit_mal.bmp Georges Bataille
la littérature et le mal

À l’instar de la tragédie, la littérature a  pour rôle, selon Bataille, d’ébranler le lecteur, d’illustrer l’évidente prédisposition de l’homme pour le Mal.

     La littérature permet en fin de compte de déplacer cet interdit, de le sublimer, pour reprendre les termes de Freud, en octroyant à sa propre cruauté des voies imaginaires.

     En effet, n’est-il pas juste que seul l’effroi de la mort et la manifestation de ses effets (par exemple dans la maladie ou encore dans le deuil) permet de réactualiser notre passion pour la vie ? Sans la mort et notre capacité au Mal, de même que nos désirs inavoués de s’y adonner, que serait l’existence sinon simple indifférence ?

     La perversion et la passion sont rarement bien loin l’une de l’autre, tout comme la mort peut souvent se faire l’expression fulgurante de la vie…

     Après tout, l’Histoire ne nous a-t-elle pas enseigné qu’il ne peut rarement y avoir de vie sans violence ?

Ariane Gelinas

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Ci-dessous un entretien enregistré en 1959, dans lequel Georges Bataille, face à Pierre Dumayet, revient notamment sur les rapports - dangereux mais inévitables - qu'entretiennent le Mal et la littérature.

 

        

31.01.2011

Dimanche

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