20/09/2009

Le dimanche ça me branche...

 

ernst


Max Ernst - La puberté proche ou Les pléiades” (1921)
Collage sur carton 24.16x16.6cm)


      Le personnage central est une femme nue en suspension sur un fond bleu. Une très jeune femme sans visage…anonyme donc. Son pied gauche est habillé d’une socquette (comme une petite fille) évoquant « la puberté proche », sa jambe droite porte un bas… Une jeune fille en suspension entre sa puberté nouvelle, et son destin de femme…

     A l’origine il s’agit d’une femme nue sur un divan, mais Ernst, au découpage, escamote son visage, ne laissant que la chevelure, et fait passer le personnage de l’horizontale à la verticale.

     Le titre « Les Pléiades » suggère une constellation d’étoiles.

     La poésie écrite au bas du tableau de la main du peintre, semble une dédicace, un message laissé à celui qui contemple et s’interroge :

" La puberté proche n’a pas encore enlevé la grâce tenue de nos pléiades Le regard de nos yeux pleins d’ombre est dirigé vers le pavé qui va tomber La gravitation des ondulations n’existe pas encore. "

       "Le pavé qui va tomber" en bas à gauche de la composition, évoque la force de gravité qui s’oppose à l’élévation des astres. Ernst glisse du phénomène physique exercé par la terre, à une attraction d’un autre ordre, exercée par le corps féminin : la force du désir.

     Le fond bleu figure le ciel, tandis que les effilochements argentés, placés en haut du tableau, font penser à des ailes. Cependant, l’essentiel n’est pas de chercher le sens des symboles ici et là, mais plutôt de se laisser envahir par cette sensation de sérénité rare qui se dégage de l’ensemble : dans l’harmonie chromatique de l’étendue bleu pâle et du jaune sable on perçoit les « ondulations » de la mer, et les vagues d’un ciel en train de devenir, par ce mouvement, une mer : le violet, l’indigo, l’outremer étant animés par un même rythme de flux et de reflux.

     Dans le texte énigmatique, le mot « grâce » pourrait à lui seul qualifier ce collage. L’artiste nous invite à nous rallier à la beauté lumineuse et le désir, autre force d’attraction plus sublime et subversive… Mais il se peut que nos « yeux pleins d’ombre » ne puissent pas voir la beauté, attirés par le point de chute du tableau (le pavé qui tombe) encore plus que par la grâce de la femme-astre en état d’apesanteur.

     Avec cette œuvre, Max Ernst offre à notre regard surpris une image rayonnante, et à notre esprit incrédule un texte mystérieux qui nourrit l’imaginaire.

     (Un texte de Eva Baila).

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18/09/2009

L'invention de la vie

 

magritte



     Magritte n'a jamais parlé en public du suicide de sa mère, mais le surréaliste Louis Scutenaire raconte que Magritte lui en a parlé lors d'une conversation privée.

     Il raconte que Magritte a découvert le corps de sa mère près de la rivière avec une chemise blanche enroulée autour de la tête, cachant son visage.

  Il n'est pas rare de trouver dans l'œuvre du peintre des personnages à la tête recouverte de feuilles ou, comme dans ce tableau de 1928 intitulé "L'invention de la vie",  un personnage complètement couvert par un drap blanc que Magritte oppose au portrait de sa femme.

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16/09/2009

Je ne vois pas...

 

magritte - 02


      René Magritte, Je ne vois pas la [femme] cachée dans la forêt, 1929, Photomontage, in: La Révolution Surréaliste No. 12 (15. Dec. 1929)

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13/09/2009

Le dimanche ça me branche...

 

braque


La patience de Georges Braque, 1942.


      Certes, cette œuvre est indissociable de l'époque de sa création. Aussi le sujet de la toile -cette femme qui attend- est une allégorie de la France sous l'Occupation, celle qui s'ennuie, celle qui broie du noir, celle qui attend, aussi.

     Mais comment ne pas y voir également une de plus belles représentations de la solitude et de la mélancolie? Cartes à jouer, damier, bouteille de Xérès, tous les divertissements -artificiels- sont là pour tromper l'ennui.

     Tous? Pas vraiment. Un grand absent hante le tableau. Et cet absent c'est l'homme, ou tout au moins, une présence, un être vivant. Son mari est-il mort, est-il prisonnier? Qu'importe au fond. Car qu'on le veuille ou non, cette femme qui attend, cela pourrait être vous comme cela pourrait être moi.

     L'univers étouffant de cet intérieur nous renvoie d'ailleurs à l'introspection, la méditation, la rêverie. Cette femme réussira-t-elle à s'échapper de la désolation qui se lit dans son regard perdu? Va-t-elle devenir ce spectre dont la main droite se concentre sur le jeu?

     Et pourtant, tout n'est peut-être pas si noir dans ce tableau. Selon notre humeur et notre caractère, l'on peut penser que, malgré tout, le temps va faire son œuvre.

     Et s'il s'agissait tout simplement de prendre son mal en patience?

08/09/2009

Le désespéré.

 

decoration

 

     Gustave courbet. Autoportrait. 1843. Le désespéré est probablement le tableau le plus singulier et le plus mystérieux de la série des autoportraits de jeunesse de Gustave Courbet.
En savoir plus…

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