23/09/2009

l'Eléphant des célèbes

 

célèbes


     En 1921, Max Ernst rencontre Paul Eluard à Cologne, qui lui rachète aussitôt l'Eléphant des célèbes, tableau peint cette même année, annonçant le surréalisme.

     La conception s'inspire de Chirico. Derrière un praticable, dont ni la profondeur, ni la nature sont précisées, s'esquisse un paysage sommaire, surmonté d'un ciel immense. Sur la scène, se tient un monstre bipède, semblable à une marmite pourvue d'un cou, d'une tête et d'un engin emprunté aux instruments de géomètre de Chirico; A droite, au premier plan, s'érige un personnage humain, sans vie, sans tête. A l'extrême gauche, on voit un vague bâton, tandis que dans le ciel volent des poissons. Les objets sont irréels mais un rendu précis leur prêtent un semblant de réalisme.

     Dans le royaume artificiel du tableau, ce qui n'existe pas devient vrai. Ainsi est constitué un "antimonde" fait de fantaisie et de ses implications psychologiques. Possédant, malgré son apparente objectivité, un caractère complètement subjectif, il a pour but de déconcerter.

     Contrairement au monde pictural de Chirico qui est emprunt d'un vide irritant, L'Eléphant des Célèbes se définit par son oppressante monstruosité: l'"animal" remplit l'image comme un portrait.

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22/09/2009

Dai, Li et Zhang papotent avec Dante

 

dante


      C’est en gros la synthèse de "Discussing the Divine Comedy with Dante", une grande peinture à l’huile réalisée en 2006 par trois artistes chinois.

 

     La particularité de cette œuvre ? Elle représente plus de 100 personnages célèbres sur la même toile. (Cliquez sur l'mage ci –dessus pour les voir tous).

     Ce sont autant des contemporains que des individus depuis longtemps disparus ; toujours est-ils que ces personnes gardent une -plus ou moins grande- influence sur la société moderne.

T'as l'bonjour d'Henry !

 

Henry Taylor


Henry Fitch Taylor (15 septembre 1853 - 1925):
Figure avec guitare II, 1914 - huile sur toile


      Le personnage féminin dans cette peinture est à peine visible et les courbes de son corps font écho aux formes arrondies de la guitare et de la pomme.

     Henry Fitch Taylor divise l'image en formes géométriques qui ressemblent aux pièces d'un puzzle, chacune représentant une partie différente du corps de la femme.

     Les angles vifs et des formes oblongues suggèrent un paysage urbain, comme si elle est entourée d'immeubles de grande hauteur.

 

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21/09/2009

Magritte - La lumière des coïncidences - 1933

 

coincidences


      Parlant du tableau "La lumière des coïncidences", Magritte a déclaré dans une conférence en 1938: "En ce qui concerne la lumière, je pensais que si elle a le pouvoir de rendre les objets visibles, son existence n'est manifeste qu'à la condition qu'elle soit acceptée par les objets . Ceci est clair, je pense, dans "La lumière des coïncidences", où un objet ordinaire, un torse féminin, est éclairé par une bougie. Dans ce cas, il semble que l'objet lui-même éclairé donne la vie à la lumière."

 

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20/09/2009

Le dimanche ça me branche...

 

ernst


Max Ernst - La puberté proche ou Les pléiades” (1921)
Collage sur carton 24.16x16.6cm)


      Le personnage central est une femme nue en suspension sur un fond bleu. Une très jeune femme sans visage…anonyme donc. Son pied gauche est habillé d’une socquette (comme une petite fille) évoquant « la puberté proche », sa jambe droite porte un bas… Une jeune fille en suspension entre sa puberté nouvelle, et son destin de femme…

     A l’origine il s’agit d’une femme nue sur un divan, mais Ernst, au découpage, escamote son visage, ne laissant que la chevelure, et fait passer le personnage de l’horizontale à la verticale.

     Le titre « Les Pléiades » suggère une constellation d’étoiles.

     La poésie écrite au bas du tableau de la main du peintre, semble une dédicace, un message laissé à celui qui contemple et s’interroge :

" La puberté proche n’a pas encore enlevé la grâce tenue de nos pléiades Le regard de nos yeux pleins d’ombre est dirigé vers le pavé qui va tomber La gravitation des ondulations n’existe pas encore. "

       "Le pavé qui va tomber" en bas à gauche de la composition, évoque la force de gravité qui s’oppose à l’élévation des astres. Ernst glisse du phénomène physique exercé par la terre, à une attraction d’un autre ordre, exercée par le corps féminin : la force du désir.

     Le fond bleu figure le ciel, tandis que les effilochements argentés, placés en haut du tableau, font penser à des ailes. Cependant, l’essentiel n’est pas de chercher le sens des symboles ici et là, mais plutôt de se laisser envahir par cette sensation de sérénité rare qui se dégage de l’ensemble : dans l’harmonie chromatique de l’étendue bleu pâle et du jaune sable on perçoit les « ondulations » de la mer, et les vagues d’un ciel en train de devenir, par ce mouvement, une mer : le violet, l’indigo, l’outremer étant animés par un même rythme de flux et de reflux.

     Dans le texte énigmatique, le mot « grâce » pourrait à lui seul qualifier ce collage. L’artiste nous invite à nous rallier à la beauté lumineuse et le désir, autre force d’attraction plus sublime et subversive… Mais il se peut que nos « yeux pleins d’ombre » ne puissent pas voir la beauté, attirés par le point de chute du tableau (le pavé qui tombe) encore plus que par la grâce de la femme-astre en état d’apesanteur.

     Avec cette œuvre, Max Ernst offre à notre regard surpris une image rayonnante, et à notre esprit incrédule un texte mystérieux qui nourrit l’imaginaire.

     (Un texte de Eva Baila).

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