30.09.2006

Le samedi, ça me dit…

Première classe

 

Redimensionnertopor

 

Une mère, on en a qu'une, elle vous aime, vous élève, vous nourrit.

Tout petit quand vous lui dites : " Mère... " elle vous répond : " Mange ! " c'est le premier dialogue.

Les premiers pas, on s'en rappelle pas mais les premiers pas dans la vie, quand on va à l'école, ça c'est indélébile.

Le premier jour qu'on est allé chercher ma soeur Liliane, à l'école maternelle de la rue de Normandie, elle avait quatre ans, à la maison on lui a demandé :

- Alors, qu'est-c' ti'as fait à l'école ? Elle a répondu toute fière :

- J'ai fait des progrès.

Moi non, le premier jour d'école, j'avais pas fait des progrès, j'avais fait pipi sur moi.

Un pipi d'homme déjà, ma parole, qu'y coulait, qu'y coulait en une rigole terrible de mon banc de la septième rangée jusqu'en bas de l'estrade du maître; je vois encore sa tête quand il a vu la flaque.

J'étais rouge !

Pas de honte comme y croyait mais des efforts que j'avais fait pour empêcher que ça me vienne.

Au coin !

Ça m'a servi de leçon, remarquez.

Les autres jours, quand le besoin s'en faisait le sentir, je levais le doigt, " M'sieur, j'peux ? " et comme ça, au lieu d’aller au coin, j'allais au petit coin.

C'est vrai, à l'école, au fur et à mesure qu'on fait des progrès, on apprend qu'on a des choses plus intelligentes à retenir, quand même !

 

Extrait de la légende des siestes – Roland Bacri.

 

 

14:44 Publié dans Lis tes ratures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sac, sac a fouilles, bacri | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

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