31.12.2005

Les étrennes – Guy de Maupassant

   […] Depuis dix mois il avait une maîtresse, non point une maîtresse comme les autres, une femme à aventures, du monde, du théâtre ou de la rue, mais une femme qu'il avait aimée et conquise. Il n'était plus un jeune homme, bien qu'il fût encore un homme jeune, et il regardait la vie sérieusement en esprit positif et pratique.

   Donc il se mit à faire le bilan de sa passion comme il faisait, chaque année, la balance des amitiés disparues ou nouvelles, des faits et des gens entrés dans son existence.

   Sa première ardeur d'amour s'étant calmée, il se demanda, avec une précision de commerçant qui compte, quel était l'état de son coeur pour elle, et il tâcha de deviner ce qu'il serait dans l'avenir.

   Il y trouva une grande et profonde affection, faite de tendresse, de reconnaissance et des mille attaches menues d'où naissent les longues et fortes liaisons.

   Un coup de sonnette le fit sauter. Il hésita. Ouvrirait-il ? Mais il se dit qu'il faut toujours ouvrir, en cette nuit du nouvel an, ouvrir à l'inconnu qui passe et frappe, quel qu'il soit.

   Il prit donc une bougie, traversa l'antichambre, ôta les verrous, tourna la clef, attira la porte à lui et aperçut sa maîtresse debout, pâle comme une morte, les mains appuyées au mur.

   Il balbutia :

" Qu'avez-vous ? " (+)



10:36 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

Commentaires

meilleurs voeux... pour l'année nouvelle et plein de succès dans tes fouilles...
;-)))))))

Écrit par : soloamor | `2005-12-31 à 10.44:18`

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire